Textes

Pablo Néruda "La Poésie"


Et ce fut à cet âge... La poésie vint me chercher.


Je ne sais pas, je ne sais d'où elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.


Je ne sais ni comment ni quand, non ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas des mots, ni le silence :


 d'une rue elle me hélait, des branches de la nuit soudain parmi les autres, parmi des feux violents ou dans le retour solitaire, sans visage, elle était là et me touchait.


Je ne savais que dire, ma bouche ne savait pas nommer, mes yeux étaient aveugles, et quelque chose cognait dans mon âme, fièvre ou ailes perdues, je me formai seul peu à peu, déchiffrant cette brûlure, et j'écrivis la première ligne confuse, confuse, sans corps, pure ânerie, pur savoir de celui-là qui ne sait rien, et je vis tout à coup le ciel égrené et ouvert, des planètes, des plantations vibrantes, l'ombre perforée, criblée de flèches, de feu et de fleurs, la nuit qui roule et qui écrase l'univers.


Et moi, informe créature, grisé par le grand vide, constellé à l'instar,à l'image du mystère,


je me sentis pure partie de l'abîme, je roulai avec les étoiles, mon coeur se dénoua dans le vent.


Charles BAUDELAIRE (1821-1867)


  "Au lecteur"


  La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,


  Occupent nos esprits et travaillent nos corps,


  Et nous alimentons nos aimables remords,


  Comme les mendiants nourrissent leur vermine.


  Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;


  Nous nous faisons payer grassement nos aveux,


  Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,


  Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

  Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste


  Qui berce longuement notre esprit enchanté,


  Et le riche métal de notre volonté


  Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

  C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !


  Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;


  Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,


  Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

  Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange


  Le sein martyrisé d'une antique catin,


  Nous volons au passage un plaisir clandestin


  Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

  Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,


  Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,


  Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons


  Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

  Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,


  N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins


  Le canevas banal de nos piteux destins,


  C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie.

  Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,


  Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,


  Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,


  Dans la ménagerie infâme de nos vices,

  Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !


  Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,


  Il ferait volontiers de la terre un débris


  Et dans un bâillement avalerait le monde ;

  C'est l'Ennui ! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire,


  Il rêve d'échafauds en fumant son houka.


  Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,


  - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !


Victor HUGO (1802-1885)


  "Ecrit après la visite d’un bagne"

  Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.


  Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne


  Ne sont jamais allés à l'école une fois,


  Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.


  C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.


  L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.


  Où rampe la raison, l'honnêteté périt.


  Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,


  A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,


  Les ailes des esprits dans les pages des livres.


  Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut


  Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.


  L'école est sanctuaire autant que la chapelle.


  L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle


  Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur


  S'éclaire doucement à cette humble lueur.


  Donc au petit enfant donnez le petit livre.


  Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.


  La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.


  Faute d'enseignement, on jette dans l'état


  Des hommes animaux, têtes inachevées,


  Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,


  Aveugles effrayants, au regard sépulcral,


  Qui marchent à tâtons dans le monde moral.


  Allumons les esprits, c'est notre loi première,


  Et du suif le plus vil faisons une lumière.


  L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;


  Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas


  Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.


  Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,


  Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.


  Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,


  Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;


  Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,


  De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,


  Et de vous demander compte de leur esprit ;


  Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;


  Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;


  Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;


  Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés


  Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;


  Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?


  Ils sont les malheureux et non les ennemis.


  Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;


  On a de la pensée éteint en eux la flamme :


  Et la société leur a volé leur âme.



"Être aimé"


  Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :


  Être aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu ?


  Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,


  C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.


  Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,


  Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,


  Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !


  Il faut que de mon âme une autre âme se double,


  Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,


  Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?


  Si personne ne dit cela, je sens l'exil,


  L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,


  Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,


  C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.


  Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.


  Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !


  A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?


  Que faire d'un regard dont personne ne veut ?


  La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.


  Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;


  L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;


  Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit


  Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;


  Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise


  Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,


  Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,


  Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.


  Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ;


  Ayons cela. Soyons aimé, non par un être


  Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas


  La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas


  Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde.


  Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,


  Sombre table de jeu, caverne sans rayons !


  Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?


  J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe,


  Le sort est un escroc, et je suis une dupe.


  J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !


  Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !


  Que le fuseau des jours lentement se dévide !


  Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !


  Comment porter ce poids énorme, le néant ?


  L'existence est un trou de ténèbres, béant ;


  Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante


  Livre à l'affreuse bise implacable et grondante


  Françoise échevelée, un baiser éternel


  La console, et l'enfer alors devient le ciel.


  Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,


  Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !


  N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !


  Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?


  Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.


  Cette chauve-souris de son aile m'effleure,


  L'indifférence, blême habitante du soir.


  Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -


  Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine


  De mêler son visage à la laideur humaine,


  Et de vivre. Ah ! Pour ceux dont le coeur bat, pour ceux


  Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,


  Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !


  Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,


  D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,


  Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé




"A qui la faute ?"


  Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?


  - Oui.


  J'ai mis le feu là.


  - Mais c'est un crime inouï !


  Crime commis par toi contre toi-même, infâme !


  Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !


  C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !


  Ce que ta rage impie et folle ose brûler,


  C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage


  Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.


  Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.


  Une bibliothèque est un acte de foi


  Des générations ténébreuses encore


  Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.


  Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,


  Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,


  Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,


  Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,


  Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,


  Dans ce qui commença pour ne jamais finir,


  Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,


  Dans le divin monceau des Eschyles terribles,


  Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,


  Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,


  Tu jettes, misérable, une torche enflammée !


  De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !


  As-tu donc oublié que ton libérateur,


  C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;


  Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,


  Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine


  Il parle, plus d'esclave et plus de paria.


  Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.


  Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille


  L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;


  Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;


  Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;


  Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,


  Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître


  À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,


  Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;


  Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;


  Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,


  Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,


  Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !


  Car la science en l'homme arrive la première.


  Puis vient la liberté. Toute cette lumière,


  C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !


  Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.


  Le livre en ta pensée entre, il défait en elle


  Les liens que l'erreur à la vérité mêle,


  Car toute conscience est un noeud gordien.


  Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.


  Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.


  Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !


  Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,


  Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,


  Le progrès, la raison dissipant tout délire.


  Et tu détruis cela, toi !


  - Je ne sais pas lire.



Jean de LA FONTAINE (1621-1695)


  "Le Loup et le Chien"


  Un Loup n'avait que les os et la peau,


  Tant les chiens faisaient bonne garde.


  Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,


  Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.


  L'attaquer, le mettre en quartiers,


  Sire Loup l'eût fait volontiers ;


  Mais il fallait livrer bataille,


  Et le Mâtin était de taille


  A se défendre hardiment.


  Le Loup donc l'aborde humblement,


  Entre en propos, et lui fait compliment


  Sur son embonpoint, qu'il admire.


  "Il ne tiendra qu'à vous beau sire,


  D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.


  Quittez les bois, vous ferez bien :


  Vos pareils y sont misérables,


  Cancres, hères, et pauvres diables,


  Dont la condition est de mourir de faim.


  Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :


  Tout à la pointe de l'épée.


  Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "


  Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?


  - Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens


  Portants bâtons, et mendiants ;


  Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :


  Moyennant quoi votre salaire


  Sera force reliefs de toutes les façons :


  Os de poulets, os de pigeons,


  Sans parler de mainte caresse. "


  Le Loup déjà se forge une félicité


  Qui le fait pleurer de tendresse.


  Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.


  "Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.


  - Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché


  De ce que vous voyez est peut-être la cause.


  - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas


  Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?


  - Il importe si bien, que de tous vos repas


  Je ne veux en aucune sorte,


  Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "


  Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.


  - Le Savetier et le Financier


  Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :


  C'était merveilles de le voir,


  Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages,


  Plus content qu'aucun des sept sages.


  Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,


  Chantait peu, dormait moins encor.


  C'était un homme de finance.


  Si sur le point du jour parfois il sommeillait,


  Le Savetier alors en chantant l'éveillait,


  Et le Financier se plaignait,


  Que les soins de la Providence


  N'eussent pas au marché fait vendre le dormir,


  Comme le manger et le boire.


  En son hôtel il fait venir


  Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,


  Que gagnez-vous par an ? - Par an ? Ma foi, Monsieur,


  Dit avec un ton de rieur,


  Le gaillard Savetier, ce n'est point ma manière


  De compter de la sorte ; et je n'entasse guère


  Un jour sur l'autre : il suffit qu'à la fin


  J'attrape le bout de l'année :


  Chaque jour amène son pain.


  - Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?


  - Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;


  (Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)


  Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours


  Qu'il faut chommer ; on nous ruine en Fêtes.


  L'une fait tort à l'autre ; et Monsieur le Curé


  De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.


  Le Financier riant de sa naïveté


  Lui dit : Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône.


  Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,


  Pour vous en servir au besoin.


  Le Savetier crut voir tout l'argent que la terre


  Avait depuis plus de cent ans


  Produit pour l'usage des gens.


  Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre


  L'argent et sa joie à la fois.


  Plus de chant ; il perdit la voix


  Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.


  Le sommeil quitta son logis,


  Il eut pour hôtes les soucis,


  Les soupçons, les alarmes vaines.


  Tout le jour il avait l'oeil au guet ; Et la nuit,


  Si quelque chat faisait du bruit,


  Le chat prenait l'argent : A la fin le pauvre homme


  S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus !


  Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,


  Et reprenez vos cent écus.



Henry miller - "Tropique du Cancer" (extrait)


    Grands Dieux ! Que suis-je devenu ? Quel droit avez-vous, vous tous, d'encombrer ma vie, de me voler mon temps, de sonder mon âme, de sucer mes pensées, de m'avoir pour compagnon, pour confident, pour bureau d'information ? Pour quoi me prenez-vous ? Suis-je un amuseur stipendié, dont on exige tous les soirs qu'il joue une farce intellectuelle sous vos nez imbéciles ? Suis-je un esclave, acheté et dûment payé, pour ramper sur le ventre devant ces fainéants que vous êtes, et étendre à vos pieds tout ce que je fais et tout ce que je sais ? Suis-je une fille dans un bordel que l'on somme de rtrousser ses jupes ou d'ôter sa chemise devant le premier homme en veston qui se présente ?


    Je suis un homme qui voudrait vivre une vie héroïque et rendre le monde plus supportable à ses propres yeux. Si, dans quelque moment de faiblesse, de détente, de besoin, je lâche de la vapeur - un peu de colère brûlante dont la chaleur tombe avec les mots - rêve passionné, enveloppé des langes de l'image - eh! bien, prenez ou laissez... mais ne m'embêtez pas !


    Je suis un homme libre - et j'ai besoin de ma liberté. J'ai besoin d'être seul. J'ai besoin de méditer ma honte et mon désespoir dans la retraite; j'ai besoin du soleil et du pavé des rues, sans compagnons, sans conversation, face à face avec moi-même, avec la musique de mon cœur pour toute compagnie... Que voulez-vous de moi ? Quand j'ai quelque chose à dire, je l'imprime. Quand j'ai quelque chose à donner, je le donne. Votre curiosité qui fourre son nez partout me fait lever le cœur. Vos compliments m'humilient. Votre thé m'empoisonne. Je ne dois rien à personne. Je veux être responsable devant Dieu seul... s'il existe !

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